Confiance en soi: devenir intègre

Si l’on compare la confiance en soi à un arbre, l’intégrité représente les racines

Comme promis voici la première partie du dossier sur la confiance en soi, concernant l’intégrité. J’avais brièvement expliqué dans l’article d’introduction qu’il fallait dans toutes démarches de reprise de confiance en soi de démarrer par la base et non pas la finalité, à savoir les résultats.

Tout d’abord, j’aimerais apporter une définition d’intégrité.

 

 

 

L’intégrité, quel utilité?

Il y a quelques années, alors que j’étais un salarié travaillant pour payer ses études, mon responsable m’a demandé de mentir aux clients sur la provenance et application d’un produit. Le mensonge était minime, mais me semblait somme toute malhonnête: j’étais d’une certaine manière le représentant de mon entreprise et je tolérais mal que cette mauvaise image de mensonge me soit d’une certaine manière attribuée. J’ai donc refusé et expliqué en quoi cela choquait mes valeurs. Mon responsable accepta ma justification sans que cela n’entache mon travail.

L’intégrité va donc à l’encontre de la doctrine « la fin justifie les moyens », et sous le couvert d’une justification (faire plus de chiffre d’affaire), certains se donnent donc le droit de mentir ou de mettre leurs valeurs de coté. Cependant, une fois le stratagème mis en évidence, comme dans le cas d’un client se rendant compte que le vendeur lui a menti sur le produit, qu’en retire-t-on? Nous pouvons dire que la personne manque d’éthique professionnelle et qu’elle n’est pas digne de confiance. Inutile de dire que dans mon cas, je n’ai jamais pu estimer complètement mon responsable: s’il lui était facile de profiter d’un client, qu’est ce qui lui empêcherait de profiter d’un employé?

Si on se réfère à la pyramide de la confiance en soi, on peut constater qu’il est important d’avoir à la base une bonne estime de soi:

C’est que l’on appelle de façon populaire « pouvoir se regarder dans la glace ». Être en accord avec soi-même (le soi) induit une meilleur confiance en soi (les actes), qui induira une meilleur affirmation de soi (les autres).

En cela il est important d’avoir des bases solides, des « racines » stables, un code de conduite qui nous convient tout autant à nous qu’aux autres, et être capable d’aller au devant d’une certaine autorité quand notre moralité, notre éthique et nos valeurs sont entachés.

Une expérience connue, celle de Milgram, met en évidence la notion de soumission à l’autorité. Sans en faire un parallèle avec la confiance en soi, cette expérience montre avec quelle facilité nous sommes capables de mettre nos valeurs de coté pour satisfaire une instance supérieure:

Cette notion d’intégrité sera donc visible en trois points:

• La cohérence

La cohérence est la parfaite représentation de « Je fais ce que je dis, je dis ce que je fais« . Si votre système de valeur est connu de tous, et que vous l’incarnez corps et âme, la confiance vous sera plus facilement accordée, mais vous serez un interlocuteur passionné et passionnant. Les personnes les plus cohérentes sont capable, lors de certains discours, de discourir sans aucune notes, car elles savent très bien qu’elles épousent complètement ce qu’elles vont dire. Mentir et se travestir demande un effort bien plus conséquent que de montrer sa vraie force morale.

• L’humilité

L’excès de confiance ou d’intégrité peut mener à l’arrogance, à l’impression d’avoir toujours raison. Il est donc important de ne pas imposer ses valeurs, mais de savoir reconnaître qu’il en existe d’autres, et de les accepter avec autant d’intérêt que les siennes. La personne humble sait mettre son ego de coté et faire passer l’intérêt général en premier, sans pour autant « s’écraser » devant le groupe ou l’autorité. Savoir admettre ses torts montre une ouverture d’esprit peu commune.

• Le courage

Dans la vidéo de l’expérience de Milgram dont je parlais plus haut, nous voyons plusieurs exemples de courage à partir de 0:59:55. Ces personnes n’hésitent pas à montrer leur désaccord avec virulence, et sans l’ombre d’un doute: leur morale et leurs valeurs sont touchées, et ils s’insurgent. Pensez aux personnes que vous jugez d’une grande intégrité: sont-ce des personnes silencieuses aux événements, ou ceux qui réagissent en expliquant leur éthique?

 

L’intégrité, comment la développer?

J’ai découvert il y a quelques mois dans le livre de Stephen M.R Covey quelques exercices que j’avais moi-même mis en pratique dans mes recherches sur la confiance en soi. Je vous en retranscrits quelques-uns qui ont été particulièrement efficace.

 

• Se fixer des règles, des engagements:

Je n’ai jamais fumé de ma vie, et je m’y suis toujours refusé. Lors de soirée, sans être un grand consommateur, je buvais de l’alcool. J’avais donc décidé, à l’époque, de ne plus boire une goutte d’alcool, à la grande stupeur de la plupart de mes amis, ne comprenant pas pourquoi je m’astreignais à de telles règles. J’ai depuis allégé cette règle, en m’accordant un verre de vin avec ma belle-famille qui dispose d’une superbe cave! Mais je n’ai plus bu d’autres alcools. J’ai aussi accompagné cela d’une meilleure hygiène de vie et d’une pratique plus constante du sport.

Que cela apporte-t-il concrètement? Outre les bénéfices sur la santé, cela impose une promesse avec soi-même. Ne pas tenir sa promesse avec soi, c’est se trahir en premier. Comment peut-on vous faire alors confiance si vous n’êtes même pas capable de tenir vos propres engagements?

Il faut donc savoir choisir son engagement: d’une part pour son utilité, d’autre part par sa faisabilité, et enfin par sa cohérence. J’ai depuis « inspiré » quelques personnes de mon entourage qui ont adopté, au vu des résultats, une hygiène de vie plus saine. Votre engagement n’est pas forcément lié à votre hygiène de vie, cela peut-être lire une histoire à vos enfants avant qu’ils ne s’endorment, vous imposer de cuisiner vous-même ou bien vous inscrire à un projet bénévole. Le but étant que vous ou une autre personne y trouve son compte sans que quiconque ne se trouve lésé.

 

• Défendre ses valeurs:

J’assiste trop souvent à un mutisme, lors de certains débats, d’une personne qui préfère abandonner, ne souhaitant pas « envenimer » la situation. C’est une certaine forme de mensonge, par omission, de ne pas montrer son désaccord. Nous l’avons vu plus haut avec l’expérience de Milgram, défendre ses valeurs est quelquefois difficile mais ô combien salutaire. C’est une forme d’assurance de savoir dire « Stop: ici sont mes limites ». Savoir les exprimer convenablement est pas contre un autre sujet donc j’aurais l’occasion de reparler dans de futures articles.

Mais je garde en tête cette citation de Gandhi:

« Croire en quelque chose sans le mettre en pratique est malhonnête »

 

• Être ouvert:

Personne n’a la science infuse et n’a réponse à tout. L’erreur est humaine, vous vous êtes trompé à un moment de votre vie et vous vous tromperez encore, comme tout à chacun. Acceptez que votre erreur est tout autant acceptable que celle des autres, et ne vous limitez pas qu’à votre propre expérience. Nous sommes des être sociaux, nous avons besoin de collaborer pour avancer: même si votre démarche de travailler sur votre confiance en vous est personnelle, elle implique le début d’un processus d’ouverture vers l’autre. Un premier point est de ne plus imposer ses idées comme des vérités, mais comme des opinions. Une deuxième approche est d’essayer de faire connaissance avec des personnes que vous n’avez pas l’habitude de côtoyer: votre concierge, un vendeur dans un magasin, le mendiant qui vous demande une pièce. Vous pourriez même faire des découvertes intéressantes!

 

En attendant le prochain article de ce dossier qui traitera de l’intention, je vous invite à répondre à ces questions:

• Avez-vous un système de valeurs que vous avez mise en place, ou que vous hésitez encore à mettre en place lors de vos interactions?

• Vous êtes-vous fixé des règles, et si oui lesquelles? Quels-ont été les bénéfices, les difficultés?

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