Croisements de bras: halte aux idées reçues!

En recrutement, on considère trop souvent ce signe de façon péjorative.

Un élément de mon article précédent a provoqué une réaction sur les réseaux sociaux : comment cela, croiser les bras n’exprime pas la fermeture ? Non, pas forcément ! Je vais tenter de montrer avec quelques vidéos l’idée reçue que nous sommes forcément dans une attitude fermée ou de rejet lors qu’il y a croisements de nos membres. Je dis en effet « membres » : nous allons voir aussi ce qu’il en est des croisements de jambes !

Tout d’abord, il faut bien faire la distinction entre croisements de jambes et croisements de bras. Cela peut prêter à sourire, mais ce n’est pas le même schéma qui fonctionne (outre la différence des membres inférieurs par rapport aux membres supérieurs). Un exemple concret : croisez vos jambes. Puis, tentez de croiser vos jambes dans l’autre sens. Facile, non ?

Maintenant, croisez vos bras. Et croisez les dans l’autre sens : tout de suite, cela semble plus difficile !

 

En cela, nous disons que le croisement de bras est analytique (nous avons tendance à croiser les bras d’une façon propre, et souvent en rapport à nous même), et que le croisement de jambe est systémique (nous croisons les jambes en fonction de notre environnement). Mais des exemples seront bien plus parlant.

 

 

Tout d’abord, commençons par les bras. Malgré les idées reçues, le fait que le bras droit ou le bras gauche soit au dessus ou en dessous n’a pour l’instant aucune signification claire, mais cela n’est pas le sujet. Prenons un exemple sur cette vidéo où l’on voit Marine le Pen sur la défensive face à Serge Moati :

Pardonnez-moi si je fais de l’induction dans le but de rendre plus lisible cette note de blog, mais nous pouvons constater qu’en effet, ce croisement de bras signifie bien une réaction de défense. Ce qui nous rend quasi-certains de cette analyse (je dis quasi, car nous ne pouvons pas prétendre à lire les pensées des personnes à ce moment précis), ce sont les items que nous pouvons croiser avec cela : un retour en arrière sur sa chaise, une main gauche cachée, la perte du sourire, le signe de rejet de la tête, une bouche qui se crispe à 0:11, les épaules remontées.

 

Prenons un exemple de contexte d’ouverture avec cette vidéo :

La personne à observer est, vous l’aurez constaté, André Manoukian. Le contexte est différent : le jury est agréablement surpris de la prestation du candidat, mais les bras croisés de André Manoukian ne montre aucune fermeture, mais une écoute attentive : le corps penché en avant, regardant le candidat avec l’oeil gauche, les épaules souples, le sourire présent.

 

On peut donc conclure que pris séparément, tout les croisements de bras ne signifie pas forcément la fermeture, mais plus un retour sur soi. Retour sur soi pour Marine le Pen qui se sent attaqué, retour sur soi pour André Manoukian qui se sent ému.

 

Concernant les croisements de jambes, commençons avec cette première vidéo :

Ce qu’il faut voir, c’est le moment du changement de croisement de jambes (0:09) de Dominique de Villepin : au moment où on va lui demander ses intentions pour la présidentielle, sa stratégie corporelle change. Sa jambe du dessus, qui était dans le sens de son interlocuteur disparaît pour laisser la place à sa jambe gauche pointant dans une direction différente : il y a forte à parier que Dominique de Villepin ne répondra pas complètement à la question, ou du moins sans plaisir.

 

Dernier exemple sur les croisements de jambes :

Le moment à noter est à 0:12, lorsque Guillaume Durand, qui va engager la conversation avec la journaliste à sa gauche, pointe sa jambe du dessus vers son interlocutrice. C’est le signe en général qu’on est dans la communication, dans l’échange.

 

Voici brièvement la différence que l’on peut faire d’une part entre les croisements de bras et de jambes, mais aussi entre idées reçues et analyses concrètes. J’espère en avoir convaincu sur la pertinence de ne plus croire forcément qu’un croisement des membres inférieurs ou supérieurs doit être banni de notre communication corporelle.

Laisser un commentaire