Le mythe de la beauté

Florence Colgate a été élue le “visage le plus parfait au monde”

 

C’était une des actualités de ces dernières semaines : Florence Colgate, une étudiante britannique, a été élue la femme au visage le plus parfait au monde. De là à la qualifier de femme la plus belle de la planète, il n’y a qu’un pas que les médias ont aisément franchi.

C’est une question récurrente en non-verbal : quel est l’influence de la beauté dans nos interactions ? Et la question la plus récurrente : la beauté est-elle un facteur majeur de séduction ?

La beauté est affaire de symétrie

 

Florence Colgate a été choisie selon ces critères : une symétrie qui correspond à des proportions parfaites. Les scientifiques se sont interrogés sur l’un des facteurs universels de la beauté, et sont apparus certains éléments récurrents, dont on retiendra la symétrie du visage.

Certains évoquent le nombre d’or, cette fameuse proportion mathématique, que l’on applique en peinture, sculpture, architecture ou que l’on observe dans la nature. Chez les scientifiques, c’est encore l’objet d’un débat sur la nature subjective de cette divine proportion que l’on essaie d’observer chez l’être humain. Je m’en tiendrai donc à la symétrie.

Seulement voilà, notre visage n’est pas vraiment symétrique. Vous pouvez vous-même en faire l’expérience en vous regardant dans un miroir, ne serait-ce qu’avec vos yeux : vous aurez toujours un œil plus grand ou plus petit qu’un autre. Un artiste, Julian Wolkenstein, nous le montre en ayant fait un effet miroir sur chaque moitié de visage.

La beauté serait-elle donc la symétrie la plus parfaite ? Essayons avec la photo de Florence Colgate. J’ai utilisé la même technique que le photographe des photos précédentes pour réaliser ce montage :

L’effet miroir sur le coté gauche
L’effet miroir sur le coté droit

,

,

,

,

,

,

,

,

,

On voit en effet que même si les différences sont visibles, elles ne sont pas choquantes, et que la parfaite symétrie n’est pas possible. De même que la beauté parfaite.

Mais je pense, dans tout les cas, que la beauté reste en finalité jugée par notre subjectivité. Il n’y a qu’à voir l’évolution de nos critères de beauté avec les siècles, et en fonction des continents.

Le charme est affaire de dissymétrie

 

Jean-Paul Sartre, reconnu comme très laid, était un grand séducteur. Serge Gainsbourg a eu pour compagnes certaines des plus belles femmes de son époque. Marylin Monroe est devenue une icône parmi tant de femmes superbes et tout aussi talentueuses.

Quels ont été leur petit plus ? Leur corps n’a pas été forcement leur plus bel avantage, mais pourtant, ils n’ont pas eu le souci que beaucoup se donnent en se disant « je ne suis pas assez beau pour plaire ».

Une étude de l’université de Wake Forest a montré qu’une majorité des personnes trouvaient le coté gauche d’un visage plus beau que le droit. Des scientifiques expliquent ce phénomène : l’hémisphère droit du cerveau, siège de l’émotion, contrôle la partie gauche du corps. C’est ainsi que, lorsque l’on est séduit, on a tendance à montrer inconsciemment  notre coté gauche à notre interlocuteur (et par la même manière à le regarder avec notre œil gauche de façon prédominante). Les études sur l’eye-tracking nous le montrent: nous observons en premier lieu le coté gauche de notre interlocuteur.

Sans doute que les personnes que j’ai nommées, outre leur talent ou leur génie, avaient ce petit plus : un coté gauche plus expressif ? Une faculté d’écoute, une authenticité avec leur interlocuteur ?

La beauté est peut être un facteur d’attractivité populaire (et subjectif), mais sans le charme, sans cette dissymétrie naturelle, sans cette personnalité qui s’exprime par le corps, nulle chirurgie ou remède miracle ne pourra remplacer ce qui rend la personne séduisante. La beauté n’est que l’accessoire de la personnalité.

Laisser un commentaire