Le toucher: dominance ou séduction?

La dominance visible chez le chien: celui de gauche pose sa patte sur le “vaincu”

Dans une conversation, il n’est pas rare à un moment de toucher notre interlocuteur. C’est une forme de « marque », une manière de toucher bien plus qu’avec les mots, mais avec le corps. Pour certains, cela peut paraître intrusif qu’une personne, plus ou moins familière, vienne vous toucher le bras, ou le dos, mais une expérience menée par l’université de Purdue aux Etats-Unis a montré que lorsque ce toucher se faisait de manière subliminale (moins d’une seconde), non seulement il n’était pas remarqué, mais la personne avait une impression « positive », à savoir le sentiment qu’on lui avait souri. Mais, comme je vais le montrer, le toucher peut montrer aussi de la dominance.


Dans le monde de la séduction, c’est un fait bien connu, appelé le « kino » (contraction de kinesthésie). Ainsi, les séducteurs ont remarqué qu’il était bien plus facile d’arriver à leur fin avec les femmes quand ils provoquaient un contact physique discret durant leurs interactions. Serait-ce aller trop loin de dire que le toucher peut inclure une forme de dominance en séduction ?

 

Mais on ne retrouve pas ce toucher qu’en situation amoureuse ou amicale, mais aussi dans des situations de compétitions. Ainsi, j’ai pu observer avant-hier, après la victoire du tennisman Edouard Roger-Vasselin, que le français touchait le dos de son malheureux adversaire (certes avec la raquette, mais on peut aisément induire qu’il aurait fait la même chose si sa main avait été libre) lors du salut final.

 

De même, c’est un mouvement que l’on peut voir aussi au poker, ici avec le français Elky qui vient d’éliminer son adversaire. Il lui serre la main, et lui tapote le dos, sans réelle compassion pour l’éliminé.

 

 

C’est le signe du vainqueur sur le vaincu. Dans le monde animal, on peut ainsi voir le chien poser sa patte sur un autre plus soumis (cf photo).

 

C’est un signe que l’on retrouve en politique : on peut voir, lors de salutations d’hommes politiques, lequel a pris l’ascendant sur l’autre.

Deux exemples concrets, avec d’une part la passation de pouvoir entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy :

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Nicolas Sarkozy qui touche à plusieurs reprises l’ancien président, lui montrant sa dominance sur le moment présent.

Et d’autre part, le salut entre Obama et McCain, candidats à la présidence des Etats-Unis de 2008. Remarquez que les deux protagonistes se livrent à une « bataille » de touchers:

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Avant même que le débat n’ai commencé, Obama avait conscience de son ascendance sur McCain : son toucher est plus long, il « termine » l’échange. Le résultat du débat donnera raison à ce prélude non-verbal.

 

Ce qui permet de voir en finalité cette différence entre la dominance et la séduction est tout simplement la stratégie corporel, et donc nécessairement le besoin de croiser des items avant « trancher » complètement, car les processus sont intimement liés: on veut, par notre façon de toucher l’autre, laisser une trace de notre passage.

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