Les masques de la séduction

En communication comme en séduction, nous utilisons parfois des masques.

La communication entre les personnes m’intéresse, me passionne. L’étude du langage corporel permet de voir les « masques » que nous utilisons pour ne pas nous montrer tel que nous sommes. Il n’aura fallut pas longtemps avant que je me pose certaines questions sur les processus de séduction.

Afin de parfaire mon éducation dans ce domaine, outre mes lectures qui n’allait que dans un sens théorique, je me suis intéressé, il y a quelques années, à ce qu’on appelle les PUA : les Pick-up Artists.

C’est un phénomène américain : des hommes en apparence quelconques se font former par des coachs en séduction (les fameux PUA) et deviennent à leur tour des tombeurs. Autant vous dire que je partais avec un a priori négatif ! J’avais encore cette image de séducteur manipulateur, véhiculé par les médias : soit on est un amoureux transi de romantisme, soit on est un bourreau des cœurs cherchant un palmarès.

Je me suis donc penché sur la question, en essayant de garder mon objectivité. J’avais une de mes connaissances qui était PUA, je lui posais alors des questions. Voyant les doutes en moi, il m’orienta vers des lectures pour me faire un avis propre. C’est en lisant le livre de Neil Strauss, The Game, que mon avis changea. L’auteur y raconte sa vie, de comment il est parti d’un physique ingrat, avant de devenir l’un des plus grand séducteur au monde. Même s’il y décrit ses succès racoleurs, j’ai surtout été touché par son développement, son romantisme bafoué, son évolution et au final, comment il trouva son grand amour. Quand je revins vers mon ami pour approfondir la question, il me raconta son propre développement : je voyais qu’il respectait énormément les femmes, et qu’au contraire lui aussi était à la recherche de la bonne personne. Ce que je prenais pour des « techniques » était en fait une méthode de développement personnel. Cela fait plus d’un an qu’il a trouvé le grand amour lui aussi.

J’ai alors lu beaucoup d’ouvrages, côtoyé la communauté de la séduction, rencontré des coachs, j’ai suivi des formations, pour comprendre l’impact du non-verbal en séduction… et il est considérable. Malgré une idée reçue, la beauté est tout à fait subjective, et n’est pas prépondérant dans le processus de séduction, le charme se situe ailleurs.

J’ai surtout pu faire un bilan sur tous ces hommes (et même ces femmes !) qui étudient la séduction, tous motivés non pas par le souci de la performance, mais de celui du bonheur : trouver la personne qu’ils ou elles désirent réellement. Le film Hitch, avec Will Smith, offre un bonne vision de cette communauté. J’ai, pour ma part, vue un outil de développement personnel formidable, en gardant en tête que tout n’est pas bon à prendre non plus : il faut rester prudent sur certains conseils, tout les « coachs » ne sont pas emprunts de certaines techniques presque manipulatrices

Je parlais donc de l’impact du non-verbal : j’ai pu observer ces processus de séduction, les comprendre, les mettre en application, et étudier le langage corporel des intervenants.

J’ai d’ailleurs fait un article sur le décryptage d’un moment de séduction, celui de Nicolas Bedos. Même si les mots sont rudes et exagérés, nous avons ici un exemple du principe de base : l’attraction et la répulsion.

De ces observations, j’ai surtout retenu trois tendances majeures, trois comportements que l’on retrouve dans les tentatives de séduction, et que j’appellerais « mauvaise drague ». Il ne s’agit pas d’un jugement de valeur, la plupart d’entres nous les hommes sommes passés par l’un de ces comportements :

–       Le « dragueur » : Généralement appelé « le lourd » par les femmes, il ne sera obnubilé que par un souci de performance : conclure. Quand il arrive à séduire, c’est grâce à l’illusion de confiance en soi : il va monopoliser l’espace, le temps de parole, va faire des gestes amples, va souvent se montrer en désaccord, va donner un avis sur tout. Il est souvent détesté par d’autres hommes à cause de son attitude non-verbal. C’est pourtant lui, dans les trois grands types de « mauvaise séduction », qui a le plus de chance de succès car il ose par arrogance.

–       Le « timide » : C’est la personne qui manque le plus de confiance en soi : il observe la ou les femmes qui lui plaise, sans jamais les aborder. Témoin de cette scène un jour, j’ai demandé à l’un d’eux, outre sa timidité, pourquoi il n’osait pas prendre les devants. Sa réponse : la peur de passer pour un « dragueur » et la croyance que, par un jeu de regard, il puisse se passer quelque chose. Il a pourtant du mal à regarder dans les yeux, et se met souvent en retrait même lorsqu’il est en interaction.

–       Le « servant » : Il est galant. Il est toujours d’accord avec la fille qui lui plait. Il lui paie verres, restaurants, fleurs. Il est romantique, mais il est souvent considéré comme le meilleur ami. Il donne sans compter, et ne reçoit que rarement. Il adopte un comportement non-verbal soumis (tête et épaules basses,  regard avec l’œil gauche, ne montre aucun item de désaccord)

Ces trois caractères sont volontairement caricaturaux, mais nous en avons tous déjà croisé. Ils ont tous un point commun, ils ont un « masque » que l’on adopte lorsque nous avons peur : ils ne visent pas l’authenticité, l’échange mutuel, la communication saine. C’est une différence essentielle entre la drague et la séduction. En résumé :

–       Le « dragueur » ne cherche pas à donner ou à partager quelque chose avec l’interlocuteur,

–       Le « timide » ne cherche pas à donner, ni à recevoir : il s’ostracise lui même de la communication,

–       Le « servant » donne beaucoup à la relation sans jamais recevoir.

Le travail en séduction sera donc de rétablir une forme d’équilibre, un échange mutuel et harmonieux. Il passera par la confiance en soi, l’honnêteté et le respect. Des préceptes à adapter en toute circonstance pour justement avoir la communication la plus efficace !

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